Catégorie: General  /  Créé(e): 10/04/2020 12:17:35  /  Modifié(e): 10/04/2020 12:18:29

De mes expériences en tant que Psychologue du travail

J’ai travaillé avec cette femme pendant 20 h.

Puis elle s’est arrêtée. A la fin, elle m’a dit qu’elle avait hésité avant de venir. Satisfaite ? Elle m’a dit qu’elle avait beaucoup apprécié le temps qu’elle a passé avec moi. Elle se connait  bien mieux. Elle sait mieux où elle en est. Qui elle est. Mieux et plus ancrée dans elle. Elle a des pistes d’action. D’activités. De travail ? Pas encore. Ce n’était pas sa demande.

Elle avait besoin de dépasser sa « machine à inertie ». La « machine à aller devant » est relancée.

Cette femme vient de faire un bilan de compétences.

Je suis psychologue du travail.

 

« Je vais lui casser la gueule ».

Oups. La cliente vient de me répéter les propos de son mari à mon sujet. Pas besoin d’études pour comprendre que cet homme est un grand jaloux et qu’il n’apprécie pas que sa femme s’enferme dans une pièce avec un homme. Apaiser la dame qui vient pour la troisième fois. Et bien sûr, proposer de voir son mari. Qui est venu. Très tendu et hostile à l’arrivée. Nous avons pris du temps. Qu’est-ce que j’ai réussi à casser en lui ? J’ai des idées, mais seul lui le sait. Le sent plutôt. « C’est bien la première fois que je passe tant de temps à parler comme ça » dira-t-il en partant. Détendu. J’ai continué de travailler avec sa femme. Infiniment plus sereine. Elle a commencé à trouver un travail à temps partiel. Et surtout, sortir de chez elle.

Le sourire de son mari en partant m’avait étonné. Et fait chaud.

Je ne suis pas que psychologue du travail. Une personne aussi.

 

« Je ne sais pas pourquoi je viens vous voir ».

« Moi, ça va. Mais c’est les autres ».

C’est dame est très clairement paranoïaque. Ce n’est pas dans mon champ de compétences, et surtout, je ne le veux pas.  Mon principe est de mettre en cohérence ce qu’est la personne et le travail qu’elle vit.

Tout le monde lui en veut. Toujours. Pour tous les sujets.

Mais son travail lui va bien. Elle écrit des articles d’investigation dans un journal. Ça consiste à chercher ce qu’il y a derrière les choses. Sa « méfiance » lui permet de plutôt réussir sur ce registre.  Ce sont les relations avec patron et collègues qui sont tendues. Puisqu’ils lui en veulent.

Nous n’avons pas parlé de psychologues. Elle ne veut plus entendre parler de psychologue. Elle en a trop vu. Durant des séjours à l’hôpital. Est-ce que j’ai réussi à remettre en cohérence ce qu’elle est et son boulot ? Oui. Assez ? Autant que je l’aurais souhaité ? Je ne sais pas. J’essaye toujours d’aller encore plus loin.

Je suis psychologue du travail.

 

Un homme. Sûr de lui. Directeur d’une antenne.

Il ne sait plus comment gérer un de ses collaborateurs. Celui-ci est le fils du plus gros client de l’entreprise. Intouchable. Il le sait. Comment faire pour que ce collaborateur reste dans les consignes et sa mission, sans perdre le client beau-père ? Recadrage. Faire voir au responsable, la situation, son collaborateur autrement. Toujours pareil, mais totalement autrement.

Tout en restant dans un cadre d’éthique et de déontologie de coaching.

Je suis psychologue du travail.

 

Groupe de cadres de différentes entreprises.

Formation au management. Comment résoudre des problèmes relationnels dans des équipes. Chacun apporte un cas qu’il a vécu. Analyses. Discussions suivant certaines règles. Mes apports de méthodologies en résolutions de problèmes relationnels. Méthode des cas.

Chacun intègre. Pour l’autre. Pour lui.

Je suis psychologue du travail.

 

Formation : la gestion du temps.

« Nous avons souvent des demandes sur ce sujet» a dit le directeur.

Livres. Etudes. Concepts. Interroger des gens. Des vécus. Les confronter à ce qui se dit dans les livres. Tirer des règles. Des astuces. Trouver des tests, des exercices. Pédagogie. Monter la formation. Progression, objectifs, contenus...

Les stagiaires ont été satisfaits. « Pas perdu mon temps » a dit l’un d’entre eux.

Je suis psychologue du travail.

 

Les 35 h : « il faudra étudier la spécificité et besoins dans ce secteur socio-professionnels ».

Ce sera une recherche action : à la fois agir en rencontrant les responsables et les salariés ou leurs représentants dans les entreprises volontaires et à la fois en déterminer une méthodologie dupliquable. Entretiens individuels, collectifs, représentants du personnel, réglementation, animations de groupe de réflexions ; écriture de rapports, courriers, méthodologies, présentations. Incluses dans un vrai et nouveau projet d’entreprise, les 35 h sont un atout. Sinon, un boulet.

Je suis psychologue du travail.

 

 

Ce responsable projet semble perdu.

Sa mission a très bien commencé. Il a été très bien accueilli par tous les directeurs. Pendant deux ans. Depuis 3 mois, rien ne va plus. Plus personne n’a plus de temps pour lui. Quel projet était-ce ? Personne ne s’est rendu compte qu’en fait, toutes les bases ont été posées, acquises. Ni lui, ni les directeurs, ni son chef ne s’étaient rendu compte que sa mission était en fait terminée. Incroyable ? Habituel !!! Nous avons regardé totalement autrement.

Je suis psychologue du travail.

 

 

« Je viens de prendre mon premier poste de manager ».

J’ai suivi une formation au management. Ça reste théorique. Ce qu’on m’a dit et ce que je vis... c’est tellement différent. Le consultant m’a aidé pour un cas. Puis un autre. Avec le 3ème, j’ai commencé à intégrer les règles. Puis, nous avons travaillé sur mes nouvelles façons de manager. Je me dis que si ça continue, je pourrais être formateur en management.

J’ai avancé grâce à ce psychologue du travail.

Dire que je ne savais même pas que ce métier-là existait.

 

Association. Le Bureau. 4 personnes.

Leurs objectifs ne sont pas atteints. Chacun n’a pas la vision qu’il croyait commune avec celle des autres. La bonne volonté est pourtant présente. Mais ils buttent sur leur but. En passant à un but supérieur, et en l’opérationnalisant, le moteur est reparti.

Je suis psychologue du travail.

 

Cette Présidente d’une association humanitaire a un problème avec ses salariées.

Pas de directrice. Chacune fait comme elle veut. Elle : « Ça se passait super bien avec les précédentes. Mais elles sont parties. J’ai fait une erreur de recrutement ». Nous : « Plusieurs fois ? Et pas avant … ». Etonnant.

« A quoi vous sauriez que votre association a atteint son but et qu’elle peut disparaître » ? Cette question a choquée. Puis interloquée. Puis a été discutée. Puis opérationnalisée : indicateurs, axes d’actions, partenaires. Depuis qu’elle sait à quoi et comment son association pourra disparaître, elle fonctionne très bien. « Pas d’erreur de casting, mais de but » a-t-elle dit à la fin.

Je suis psychologue du travail.

 

La directrice de cette entreprise d’insertion :

-« Et si vous ne considériez plus vos personnes en très grande difficultés d’insertion, comme tels, mais comme des atouts pour ceux qui les embaucherait « ?

-« Impossible.

Ben, oui. Sauf si on pense, regarde et agit autrement. Autrement ? Oui, ça s’appelle une mutation.

-« Le plus gros handicap de ces gens handicapés,… c’était nous. Chez nous. En nous. Regarder autrement a été difficile. Mais possible. Et utile ».

Je suis psychologue du travail.

 

La Police Municipale de cette petite ville forme ses agents.

Et ils s’en vont après quelques années.

-« Ça coute cher. Pourtant, on a tout fait : stage outdoor, management d’équipe, moyens » ….

-« Oui. Mais en fait ils se sentent impuissants », avez-vous dit. « Si le comportement de la population en charge était différent, ça irait mieux ?

-« Ça c’est sûr. Mes gars n’ont pas les moyens légaux d’intervenir. Si les gens se comportaient mieux en termes d’incivilités, mes gars se sentiraient libérés d’un poids. La circulation lors des matchs, aider par ci par là, se sentir utile et demandé.

-« Bon. On y va. On va travailler là-dessus. On va arrêter de travailler sur le problème. Mais sur sa solution ».

On a travaillé là-dessus. On a arrêté de travailler sur le problème.

On a fait autrement.

Je suis psychologue du travail.

 

Les Risques Psycho sociaux. Créer des méthodes d’intervention ?

Il en existe déjà. Nombreuses. Sur différentes conceptions. Lire, étudier, comparer, choisir. Interventions... Comment pénétrer des groupes qui sont demandeurs, qui ont besoin mais qui en veulent pas faire autrement ? Connaitre les CHSCT, leurs fonctionnements. Les RPS sont un symptôme. Aider chaque personne en souffrance ? Oui. Aider les structures à se dépasser. Oui. Encore plus. Pour ne pas rejouer la même pièce dans 6 mois.

Je suis psychologue du travail.

 

Les Travailleurs Handicapés ?

La mission consiste à rencontrer les TH qui sont d’accord pour savoir comment ils peuvent être aidés pour leurs développements de compétences.

Les spécificités du handicap. La réglementation. Les acteurs. Les partenaires. Les « pas » partenaires.

Le management. La sociologie des organisations aide à connaitre, sentir, comprendre les enjeux réels... ceux qui ne sont pas dits. En quoi votre handicap peut être un atout ? Et comment faire ensuite ?

Je suis psychologue du travail.